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Qu’est-ce une laryngectomie totale

Qu’est-ce une laryngectomie totale

Vivre sans larynx

(Contexte suisse mais contenu facile à comprendre)

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LA LARYNGECTOMIE EN 2021

Source : https://uaflmv.france-assos-sante.org/

Les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) principalement masculins, voient leur incidence augmenter chez les femmes, en corrélation avec la hausse de leur consommation de tabac et d’alcool mais également avec l’augmentation des cas induits par le virus HPV ces dernières années. Les localisations cancéreuses des VADS sont multiples : cavité buccale, oropharynx, sinus, larynx…
Ils nécessitent des traitements lourds qui mettent en jeu des fonctions essentielles comme la déglutition, la respiration ou la parole, qui impactent fortement la vie sociale des malades. Les patients sont en majorité des hommes autour de 55/60 ans, mais on trouve de plus en plus de femmes.

Le larynx, un organe des voies aérodigestives supérieures (VADS), qui permet de produire des sons est situé en haut de la trachée, et a trois fonctions :

• Respiratoire, puisque c’est un conduit qui assure le passage de l’air inspiré entre l’oropharynx et la trachée,
• Sphinctérienne par la fermeture des cordes vocales évitant le passage des aliments dans la trachée au moment de la déglutition,
• Phonatoire car il participe en permanence à la phonation, c’est-à-dire la production de sons par la voix.

Après l’opération :
• La respiration s’effectue par l’orifice créé par le chirurgien à la base du cou, appelé le trachéostome,
• La déglutition s’effectue comme avant par l’œsophage,
• La phonation a complètement disparu du fait de la suppression des cordes vocales qui font partie intégrante du larynx.

 

 

L’opération chirurgicale, la laryngectomie totale qui consiste à enlever le larynx, cordes vocales comprises, implique une chirurgie mutilante dont les conséquences fonctionnelles et esthétiques sont importantes. Les conséquences définitives majeures sont une perte de la voix et une perte de la respiration normale par le nez ou la bouche. Le laryngectomisé respirera et se mouchera à travers le trachéostome.

L’air respiré n’est donc plus humidifié ni réchauffé par les structures dont c’est habituellement le rôle (nez, cavité buccale et oropharynx). Il n’est plus, non plus, filtré des impuretés qu’il contient et de ce fait le mucus bronchique devient plus épais et en plus grande quantité. Il est donc nécessaire de garantir un taux d’humidité et une filtration suffisante grâce à différents dispositifs comme le nez artificiel (dispositif qui se fixe sur la canule ou directement sur le trachéostome) ou des filtres protecteurs.
Les cancers des VADS sont essentiellement causés par la consommation de tabac et d’alcool, l’effet de l’un augmentant l’effet de l’autre. Certains sont associés à une exposition à des composés nocifs dans un cadre professionnel (amiante, certains métaux, peintures, pesticides…). Depuis quelques années, les études prouvent aussi que le virus « papillome humain » (HPV) peut être à l’origine du cancer du larynx.

Aussi pénible que soit la perte de la voix, elle n’est heureusement pas irremplaçable.
Dans les premiers temps, la communication passera par les gestes, par l’écrit, par la voix chuchotée… Tous les moyens sont bons pour s’exprimer et beaucoup de choses passent par le regard.

L’apprentissage de la voix œsophagienne commencera ensuite. Il s’agit d’une voix naturelle de remplacement, une technique à apprendre avec une orthophoniste, qui consiste à faire entrer l’air de la bouche dans l’œsophage, puis à le rejeter en le contrôlant. Cette voix peut être plus grave et un peu moins forte que la voix normale, mais tout à fait efficace dans la communication.

La voix trachéo-œsophagienne est proche de la voix œsophagienne. Elle est utilisée quand le chirurgien a choisi de poser un implant entre la trachée et l’œsophage. Il existe également des prothèses vocales externes.

Des interventions dites « partielles » peuvent être réalisées si la taille de la tumeur le permet. Le larynx restant sera préservé, voire reconstruit, pour conserver les fonctions de respiration, déglutition et phonation, qui lui sont habituelles.
La voix sera altérée après l’opération à un degré variable. Pour passer d’une voix « chuchotée » peu audible à une voix plus puissante, une rééducation vocale sera nécessaire auprès d’une orthophoniste. La nouvelle voix, après un temps plus ou moins long, sera parfaitement audible.