Témoignage de Proches

Le cancer du larynx et la laryngectomie sont des moments difficiles pour les malades mais ce sont également de rudes épreuves pour la famille et les amis, qui ont peur, eux aussi, de la maladie, de l’opération et de ne pas savoir aider et réconforter leur proche dans ce moment éprouvant.

 

 

Appel à Témoins!

Pour cette raison nous demandons à celles et à ceux qui ont accompagné et aidé un/une malade de nous apporter leur témoignage afin d’aider d’autres à comprendre comment réagir.   N’hésitez pas aussi à venir nous voir à la permanence 3 rue Grillet le premier et le troisième mercredi du mois.  Discuter et échanger avec des gens dans la même situation permet de l’affronter en ayant plus confiance.

 

 

 

 

 Nadine

En préambule, il faut savoir que mon mari a eu un cancer des cordes vocales en 2009, avec un suivi de chimiothérapie et rayons.

En 2015, dans le cadre du suivi avec son ORL ce dernier l’a orienté sur Grenoble.   Après une batterie d’examens, une date a été fixée pour le résultat.

Le jour venu, le professeur, très strict sur le respect des horaires, nous a reçu en dernier.   De ce fait, j’ai senti mon estomac se contracter car je pensais déjà à une mauvaise nouvelle.  Arrivés dans son bureau, j’ai posé machinalement mes mains sur son bureau.  Sa première réaction a été de poser sa main sur la mienne et le diagnostic est tombé et le date d’intervention fixée.

Le jour de l’opération, à 17 heures 30, mon portable a sonné. C’était le professeur qui m’appelait tout simplement pour me rassurer afin que je passe une bonne nuit et me dire  dire que l’intervention s’était très bien passée, que mon mari avait le moral et que lui aussi l’avait. Il m’a dit qu’il me rappellerait le lendemain à 17 heures 30 pour me donner des nouvelles. Le lendemain à cette heure précise il m’a rappelée pour me dire que tout allait bien. Humainement parlant, c’était remarquable.

J’allais voir mon mari tous les deux jours aussi bien à l’hôpital (où le personnel médical a toujours été d’une grande amabilité), qu’à la maison de convalescence à Sancellemoz (200 kms aller retour chaque fois). Nos enfants et petits enfants ont toujours été présents et nous ont donné beaucoup d’amour, ce à quoi mon mari était très sensible.

Ce qui m’a paru essentiel c’était de garder le moral.  Sans vouloir minimiser la maladie, je disais à mon mari  :

Regarde – tu es handicapé certes, mais tu peux  lire, regarder la télévision contrairement aux non voyants, tu peux aller marcher autant que tu le veux contrairement aux personnes cloués sur un fauteuil roulant.

Certes, cette période n’ pas toujours été facile pour moi. Mais je pensais très sincèrement que ce n’était pas en s’apitoyant sur soi même que le moral resterait au beau fixe, ce que je considère comme un élément déterminant pour accepter ce que le destin nous a infligé.

Petite anecdote entre nous deux : un petit fils a dit à mon mari ,

Tu sais papy, ton truc (à savoir l’implant) c’est bien pratique car quand tu ne veux pas parler à mamy il te suffit de ne pas appuyer sur le bouton!